Couple attablé face à face dans la lumière du matin, deux tasses posées entre eux — endométriose et fertilité

Endométriose et fertilité : ce que disent les données

Quand le diagnostic tombe et qu'un projet d'enfant existe, une phrase revient en boucle : « est-ce que je pourrai avoir un bébé ? » Les chiffres qu'on trouve en ligne sont souvent bruts, sortis de leur contexte, et franchement angoissants. Voici ce que disent réellement les données — y compris ce qu'elles disent de rassurant, et qu'on oublie presque toujours de mentionner.

À noter — Cet article a une visée éducative et ne remplace ni un avis médical, ni un bilan de fertilité. Si vous avez un projet de grossesse, un accompagnement par un médecin ou un gynécologue est essentiel. Aucun complément alimentaire ne peut agir sur la fertilité ni sur les chances de conception : les pistes naturelles évoquées ici relèvent du confort et de l'hygiène de vie, jamais d'une prise en charge de l'infertilité.

L’essentiel : environ 30 à 40 % des femmes touchées par l'endométriose présentent une infertilité, selon l'Inserm. Autrement dit, 60 à 70 % n'ont pas de difficulté de ce côté — c'est la moitié de l'information qu'on oublie systématiquement de donner. Quand une difficulté existe, elle se traduit surtout par un délai de conception allongé, et non par une impossibilité. Les recommandations françaises encadrent précisément la prise en charge, et un accompagnement médical est la première étape dès que la grossesse tarde.

Endométriose et infertilité : que disent les chiffres ?

L'Inserm indique qu'« environ 30 % à 40 % des femmes touchées par l'endométriose présente[nt] une infertilité ».

Lisons ce chiffre dans les deux sens, car c'est là que tout se joue : cela signifie aussi que 60 à 70 % des femmes concernées ne rencontrent pas de difficulté de fertilité. Cette moitié de l'information manque presque toujours dans les contenus sur le sujet.

Les autres données de l'Inserm méritent le même soin de lecture :

  • Le taux de fécondité est estimé entre 2 et 10 % par cycle, contre 25 à 30 % chez les couples fertiles.
  • Une grossesse spontanée survient dans environ 36 % des cas à trois ans, contre 55 % en cas d'infertilité inexpliquée.

Attention à ce dernier chiffre : la comparaison se fait avec des couples en situation d'infertilité inexpliquée, pas avec des couples fertiles. C'est une erreur de lecture très fréquente, qui rend le chiffre bien plus alarmant qu'il ne l'est.

Dans l'autre sens — quelle part des femmes infertiles a une endométriose ? — les estimations sont larges et incertaines. L'AP-HP indique que cette part « est difficile à évaluer et varie de 20 à 68 % selon les études ».

À garder en tête : l'Assurance Maladie précise que « l'intensité des douleurs liées à cette maladie n'a pas de lien direct avec les problèmes de fertilité qui dépendent plutôt de la localisation des lésions ». Souffrir beaucoup ne présage donc pas de vos chances de concevoir.

Pourquoi l'endométriose peut-elle compliquer la conception ?

L'Inserm présente explicitement ces explications comme des hypothèses faisant l'objet de travaux de recherche. Ce n'est pas une mécanique établie.

Les pistes documentées sont les suivantes :

  • Des facteurs anatomiques : adhérences, rétractions ou altérations des trompes, endométriomes, qui peuvent gêner la rencontre entre l'ovule et le spermatozoïde.
  • Une altération du capital ovocytaire, évoquée notamment en présence d'endométriomes.
  • Une inflammation du liquide péritonéal, décrite comme pouvant être toxique pour les gamètes.
  • Un endomètre au fonctionnement modifié, avec des profils hormonaux et d'expression génique différents, pouvant altérer la réceptivité utérine.
  • Une réduction de la fréquence des rapports du fait des douleurs — un facteur très concret, souvent passé sous silence, que l'association EndoFrance mentionne explicitement.

Ce qu'il faut en retenir : ces mécanismes ne s'additionnent pas systématiquement. Chaque situation est différente, et c'est précisément ce qu'un bilan permet d'évaluer.

Quand consulter si la grossesse tarde ?

Les repères français sont clairs. Selon l'Assurance Maladie, une consultation médicale est conseillée lorsqu'un couple n'arrive pas à concevoir après 12 mois de rapports réguliers — et beaucoup plus tôt, souvent après 6 mois, si la femme a plus de 35 ans.

La même source précise que la consultation doit avoir lieu plus précocement encore en cas de pathologie génitale connue ou suspectée chez l'un des partenaires. Une endométriose diagnostiquée entre dans ce cadre.

Le bon réflexe : ne pas attendre d'avoir atteint le délai « théorique » pour en parler. Si vous avez une endométriose connue et un projet d'enfant, évoquez-le avec votre gynécologue dès maintenant, même si vous n'êtes pas encore en essai.

Quelles prises en charge existent ?

Les recommandations de la HAS et du CNGOF encadrent précisément ce parcours. Quelques points méritent d'être connus, car ils vont parfois à l'encontre des idées reçues.

  • Le traitement hormonal n'améliore pas les chances de grossesse. Les recommandations sont explicites, au plus haut grade : « Il n'est pas recommandé de prescrire un traitement hormonal anti-gonadotrope chez une patiente endométriosique infertile ».
  • La chirurgie n'est pas une voie d'amélioration de la fertilité en soi. Les recommandations déconseillent d'opérer une endométriose superficielle, un endométriome ou une endométriose profonde dans le seul but d'améliorer les résultats d'une fécondation in vitro. L'AP-HP précise même que « la chirurgie par kystectomie des endométriomes est délétère pour la fertilité en altérant la réserve ovarienne ».
  • Un score existe pour guider la stratégie. À l'issue d'une chirurgie chez une patiente infertile, l'utilisation de l'Endometriosis Fertility Index est recommandée pour orienter la suite de la prise en charge.
  • L'assistance médicale à la procréation a une place définie. Dans l'endométriose profonde, les recommandations indiquent que la prise en charge par fécondation in vitro « peut être proposée afin d'augmenter les taux de grossesses et de naissances ».

Une précision importante sur les protocoles : l'Assurance Maladie décrit un blocage hormonal prolongé avant stimulation dans les endométrioses sévères. Une revue Cochrane publiée en 2019, portant sur huit essais randomisés et 640 participantes, conclut cependant à une incertitude sur l'effet de cette stratégie, sur des preuves de très faible qualité. C'est un sujet en discussion, pas un acquis.

À garder en tête : il n'existe pas, en France, de statistique publique de « taux de réussite en fécondation in vitro chez les femmes ayant une endométriose ». Les chiffres qui circulent sur ce point sont à considérer avec prudence.

La préservation de la fertilité : de quoi parle-t-on ?

L'Assurance Maladie indique que chez les femmes n'ayant pas eu d'enfant à l'âge de 30 ans, une évaluation de la réserve ovarienne est demandée — notamment par un dosage de l'hormone anti-müllérienne — et qu'une autoconservation des gamètes peut leur être proposée.

Le cadre légal français, issu de la loi de bioéthique de 2021, prévoit deux voies. La première, sur indication médicale, s'applique lorsque la fertilité risque d'être altérée : l'endométriose y est explicitement citée. La seconde, sans motif médical, permet un prélèvement d'ovocytes du 29ᵉ au 37ᵉ anniversaire. À noter : lorsque le prélèvement est pris en charge, la conservation reste à la charge de la personne.

Les recommandations HAS / CNGOF prévoient par ailleurs que les possibilités de préservation de la fertilité soient discutées avec la patiente avant une chirurgie d'endométriome.

Ce qu'il faut en retenir : il s'agit d'un acte médical encadré, qui se discute avec une équipe spécialisée. Ce n'est ni une formalité, ni une décision à prendre seule après un article de blog.

La grossesse « soigne »-t-elle l'endométriose ?

Non. C'est probablement le conseil le plus fréquemment donné aux femmes concernées, et il est faux.

L'association EndoFrance, dont la réponse est reprise par le service public, l'énonce sans détour : la grossesse ne guérit pas l'endométriose. Elle induit une accalmie hormonale temporaire, puis, à la reprise du cycle, les symptômes redeviennent présents. La formulation reprise sur Santé.fr est parlante : la grossesse « ne fait que mettre l'endométriose en sommeil ».

L'Assurance Maladie décrit le même schéma : des symptômes parfois plus marqués en début de grossesse, qui s'estompent ensuite, puis « après l'accouchement, les symptômes peuvent reprendre leur rythme cyclique lié aux menstruations ». Elle mentionne également une surveillance accrue de la grossesse.

Ce qu'il faut en retenir : la grossesse est un projet de vie, pas une stratégie thérapeutique. Personne ne devrait vous conseiller de « faire un bébé pour aller mieux ».

Quelle approche naturelle Curanderas en préconception ?

Un mot d'abord, sans ambiguïté : aucun complément alimentaire ne peut agir sur la fertilité ni sur les chances de conception. Il n'existe aucune allégation de santé autorisée en Europe sur ce terrain. Ce qui suit relève du confort et de l'hygiène de vie, en complément — jamais en remplacement — d'un suivi médical.

Chez Curanderas, nous pensons cette période comme un équilibre de terrain, où interagissent le cycle, le sommeil, le stress et l'hygiène de vie. Nos élixirs ont été formulés à partir de plantes traditionnellement utilisées en phytothérapie pour accompagner cette période.

  • Collection Préconception & Fertilité — retrouvez notre sélection pensée pour accompagner cette période.
  • Elixir Fertilité — associe le shatavari, plante emblématique de la médecine ayurvédique traditionnellement utilisée pour accompagner la santé reproductive féminine, le gattilier, connu pour son usage traditionnel autour de l'équilibre du cycle menstruel, ainsi que des bourgeons de framboisier, de pommier et de vigne, largement utilisés en gemmothérapie. La maca et le pissenlit complètent cette formule.

Important : Les élixirs Curanderas sont des compléments alimentaires. Ils ne sont pas destinés à prévenir, traiter ou guérir une maladie et ne remplacent jamais un avis ou un traitement médical.

Certains compléments demandent un avis professionnel avant la conception et pendant la grossesse. Demandez conseil à votre médecin ou à un professionnel de santé avant de commencer.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi lire notre article pilier Endométriose : symptômes, diagnostic et parcours de soin et notre article Les formes d'endométriose : digestive, thoracique, profonde, ovarienne.

À retenir

  • Environ 30 à 40 % des femmes ayant une endométriose présentent une infertilité, selon l'Inserm : 60 à 70 % ne rencontrent donc pas cette difficulté.
  • Le taux de fécondité est estimé entre 2 et 10 % par cycle contre 25 à 30 % chez les couples fertiles ; une grossesse spontanée survient dans environ 36 % des cas à trois ans, contre 55 % en cas d'infertilité inexpliquée — et non par rapport à des couples fertiles.
  • L'intensité des douleurs n'a pas de lien direct avec les difficultés de fertilité, qui dépendent plutôt de la localisation des lésions.
  • Consulter après 12 mois d'essais, ou 6 mois après 35 ans — et plus tôt encore en cas de pathologie génitale connue, ce qui inclut l'endométriose.
  • Les recommandations HAS / CNGOF déconseillent le traitement hormonal chez une patiente infertile et la chirurgie dans le seul but d'améliorer les résultats de FIV.
  • L'endométriose fait partie des indications médicales ouvrant droit à l'autoconservation des gamètes en France.
  • La grossesse ne guérit pas l'endométriose : elle la met en sommeil, les symptômes pouvant reprendre après l'accouchement.
  • Les élixirs Curanderas sont des soutiens de confort en préconception, jamais un traitement de l'infertilité.

FAQ

Peut-on tomber enceinte avec une endométriose ?

Oui, dans une majorité de cas. L'Inserm indique qu'environ 30 à 40 % des femmes touchées présentent une infertilité — ce qui signifie que 60 à 70 % ne rencontrent pas cette difficulté. Quand une difficulté existe, elle se traduit le plus souvent par un délai de conception allongé.

L'endométriose rend-elle stérile ?

Non. Les données décrivent une fertilité diminuée et un délai de conception allongé, pas une impossibilité. Le taux de fécondité est estimé entre 2 et 10 % par cycle contre 25 à 30 % chez les couples fertiles, et une grossesse spontanée survient dans environ 36 % des cas à trois ans.

Faut-il se faire opérer pour améliorer sa fertilité ?

Les recommandations HAS / CNGOF déconseillent d'opérer dans le seul but d'améliorer les résultats d'une fécondation in vitro, qu'il s'agisse d'endométriose superficielle, d'endométriome ou d'endométriose profonde. L'AP-HP précise que la kystectomie des endométriomes est délétère pour la réserve ovarienne. Cette décision relève de votre équipe médicale.

Quand consulter si je n'arrive pas à concevoir ?

L'Assurance Maladie conseille une consultation après 12 mois de rapports réguliers, ou après 6 mois si vous avez plus de 35 ans — et plus tôt en cas de pathologie génitale connue, ce qui est le cas d'une endométriose diagnostiquée.

Peut-on congeler ses ovocytes quand on a une endométriose ?

L'endométriose fait partie des indications médicales citées par l'Assurance Maladie pour l'autoconservation des gamètes. Il existe par ailleurs une voie sans motif médical, du 29ᵉ au 37ᵉ anniversaire. C'est un acte médical encadré, à discuter avec une équipe spécialisée.

La grossesse guérit-elle l'endométriose ?

Non. L'association EndoFrance, reprise par le service public, indique que la grossesse ne guérit pas l'endométriose : elle la met en sommeil temporairement, et les symptômes peuvent reprendre leur rythme cyclique après l'accouchement.

Les plantes peuvent-elles aider à tomber enceinte ?

Aucune plante ni aucun complément alimentaire ne peut promettre une grossesse, et il n'existe aucune allégation de santé autorisée en Europe sur ce terrain. Certaines plantes sont traditionnellement utilisées pour accompagner le cycle, dans le cadre d'une hygiène de vie globale et d'un suivi médical.

Sources